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dimanche 10 mai 2009

Conseil National de la Résistance 15 mars 1944

Voici le texte complet d'un appel fameux qui est aujourd'hui TOTALEMENT d'actualité.

Programme du Conseil National de la Résistance, 15 mars 1944.

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :

a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;

4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.

Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer : • l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ; • la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ; • la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ; • la liberté d’association, de réunion et de manifestation ; • l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ; • le respect de la personne humaine ; •l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique : • l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ; • une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ; • l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ; • le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ; • le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ; • le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social : • le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ; • un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ; • la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ; • la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ; • un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ; • la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ; • l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ; • une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ; • le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

http://fr.wikisource.org/wiki/

lundi 2 mars 2009

Petit cours d’autodéfense intellectuel de Normand Baillargeon

Cette dernière semaine a été bien employée à préparer des demandes de subventions, bien que les élus de la « couche supérieure » nous annoncent qu’il faudra faire sans, ou tout comme. Nous verrons bien. Mieux vaut travailler sur le futur du village, continuer les projets, se préparer à démarrer les chantiers et écrire une lettre à un Ami pour expliquer pourquoi je suis pour les éoliennes dans le Pays Viganais.

En attendant je vous conseille un joli livre écrit par un de nos Amis Québécois Normand Baillargeon : « Petit cours d’autodéfense intellectuel », Lux éditeur ISBN 978-2-89596-044-7 J’en avais conseillé la lecture à notre Cher Président de la Communauté de Communes, faute d’avoir des indemnités de fonction suffisantes pour le lui offrir.

Ce qui me plaît beaucoup c’est le chapitre I.2 (page 52) sur « L’art de la fourberie mentale et de la manipulation : quelques paralogismes courants ». C’est là que je vois que mon cerveau reptilien ne marche pas très bien, et que je n’ai pas la capacité de répartie nécessaire. Mon cerveau cortical est bien trop rationnel… signe de décadence peut-être…

Paralogisme : n.m. (1380 ; gr. paralogismos). Didact. Faux raisonnement fait de bonne foi (opposé à sophisme). V.Erreur. (Le Petit Robert 1978)

Paralogismes formels : l’inconsistance, affirmation du conséquent, négation de l’antécédent.

Paralogismes informels : le faux dilemme, la généralisation hâtive, le hareng fumé, l’argumentum ad hominem, l’appel à l’autorité, la pétition de principe, Post hoc ergo procter hoc, ad populum.

Paralogisme de composition et paralogisme de division : appel à l’ignorance, la pente glissante, l’écran de fumée, l’homme de paille, l’appel à la pitié, l’appel à la peur, la fausse analogie, la suppression de données pertinentes.

mardi 17 février 2009

Désastre écologique : la lampe fluocompacte.

Comme Maire de Saint Bresson j’ai reçu ces dernière semaines de la part du Syndicat Mixte à Cadre Départementale d’Électricité SMDE et du Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’environnement CAUE une « Enquête Sobriété Énergétique », lettre curieusement accompagnée d’une ampoule fluocompacte de la marque MEGAMAN®… le lobbying est partout !

Elle était accompagnée d’un questionnaire que je n’ai pas retourné car je le considère au minimum superflu sinon injurieux envers le travail de terrain des Élus. La lettre nous annonce la création d’un nouveau « machin » : un Conseil en Orientation Énergétique COE, qui va être une fois de plus une officine dispendieuse, pour nous aider à nous pencher sur les économies d’énergie, et l’amélioration constante de la qualité de l’environnement de nos Concitoyens.

L’ensemble des Maires avec lesquels j’ai l’occasion de travailler en zone de Montagne sont bien plus que conscients de ces problèmes qui ne sont pas seulement de l’ordre des économies d’énergie et de renouvellement durable. Cela fait belle lurette que nous nous sommes attaqués au problème : • les machines de pompage et autres sont un investissement onéreux et infinançables aux quels nous arrivons à faire face par acrobatie et dont les caractéristiques techniques nous sont imposées. • Le chauffage des locaux est en permanence repensé et nous sommes équipés de climatisation réversible. • L’éclairage des locaux est totalement anecdotique sur la consommation finale et je vous explique pourquoi dans la deuxième partie de cette lettre. • L’éclairage public est LE RÉEL PROBLÈME, car le problème commence par l’inexistence de solutions techniques correctes. Les constructeurs en sont au balbutiement de la recherche et le reconnaissent. Non seulement sur la consommation, mais surtout sur la qualité de l’éclairage au sol, et je ne parle même pas de la lutte contre la pollution lumineuse qui est vue comme un caprice.

Donc si on veut vraiment nous aider ce n’est pas avec de vagues enquêtes humiliantes sur la consommation, mais sur une véritable recherche concertée sur l’éclairage public et sur l’isolation des bâtiments.

Là n’est pas le problème le plus préocupant , mais c’est cette fameuse LAMPE FLUOCOMPACTE : Le Dada politique du moment sur les économies de consommation est un gadget de lobbyiste, TRÈS DANGEREUX POUR L’ENVIRONNEMENT.

Je m’explique :

La consommation annuelle pour tous les usages de l’éclairage est d'environ 40 TWh.

La consommation annuelle d’électricité en France pour l'éclairage représente : 8,23 % de la consommation globale d'électricité.

Cette consommation se répartit en trois parties comme suit : • pour le secteur "économique" (industrie, enseignement,..) 5,04 %. (en partie déjà composée de diverses lampes industrielles dites basse consommation) • pour l'éclairage public 2,05 % (les luminaires de l'éclairage public sont majoritairement composés de lampes industrielles au sodium HP, iodures métalliques, etc.. . dites basse consommation). • pour l'éclairage dit domestique 1,14 % (Pour information : la consommation d'énergie électrique des ménages provient essentiellement du chauffage, chauffe-eau, lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, plaques et fours de cuisine).

Si TOUS les ménages des 23 millions (environ) de foyers de France, remplacent 5 ampoules de 60 Watts par 5 ampoules dites à économie d'énergie fluo compacte (LFC) de 12 Watts l'économie annuelle réalisée en France sera de environ 0,82 % pour les fluocompactes. '' source Next-up''

Donc travailler sur une économie sur les ampoules fluo compacte est une aberration, qui est tout simplement le travail de lobby de Megaman® et Phillips® auprès de l’Europe.

Ces produits sont EXTRÊMEMENT DANGEREUX et TRÈS DIFFICILEMENT RECYCLABLES, fabriqués dans des conditions extrêmement opaques dans les pays asiatiques, la Chine principalement. Je ne pense pas que le bilan énergétique global soit fameux, et le bilan écologique EST désastreux.

Usagées, les lampes fluo compactes ne doivent surtout pas être cassées ou jetées dans les ordures ménagères. Contenant du mercure (en dessous de 10 milligrammes pour avoir un l’éco-label européen), elles sont classées depuis mai 1997 en France comme déchets dangereux.

Elles contiennent quelque cinq milligrammes de mercure (Phillips® garanti 8 milligrammes "au plus"). C’est cinq fois moins que n’en contient une pile de montre, mais peu importe, il s’agit du métal lourd le plus toxique : un seul gramme de mercure suffit à rendre non potable un million de litres d’eau.

Comme il n’y a aucune obligation de recyclage ou de « consigne » incitative à le rapporter en boutique, une grande partie des FLUOCOMPACTES file tout simplement dans les ordures ménagères et ce n’est pas la société RECYCLUM officiellement chargée de son recyclage après collecte volontaire (!) qui fera évoluer la mentalité des gens avant un désastre écologique majeur.

LES LAMPES À INCANDESCENCE STANDARD qui depuis des décennies ont été améliorées sont totalement recyclables d’une manière la plus simple possible et sans aucun risque. Contrairement à ce que l’on raconte, le BILAN ÉNERGÉTIQUE GLOBAL de ces ampoules « qui chauffent » est excellent CAR : utilisé à 80 % en hiver c’est le chauffage d’appoint le plus efficace qu’il y ait car situé au centre de la pièce. En été l’usage en est très réduit et équilibre la température jour/nuit sans nuisance. C’est faire preuve d’une méconnaissance de la globalité des interactions environnementales que de penser que cette énergie est dépensée pour rien.

En ayant travaillé depuis des années sur ce problème d’économie, je pense que la lampe fluocompacte est la parfaite « FAUSSE bonne idée » dont il faut se méfier.

Et je n’ai pas le temps de vous parler ici en détail de la mauvaise qualité de la lumière fournie, dont le spectre ne correspond pas à la vision de l’Homme. Par exemple celle que j’ai reçue est à 2700K alors que la lumière du jour est à 6400K et la référence pour les Photographes, dont je fais partie, 5000K, sans compter que le spectre est incomplet, regardez la teinte verdâtre que vous avez sous cet éclairage. L’éclairage au sodium des éclairages public est une autre chose, car il correspond à une lumière que l’œil voit très bien, et que vous ne vivez pas dans la rue (je l’espère pour vous). Dans une habitation ce serait parfaitement intenable.

La vraie et seule véritable économie d’énergie de l’habitat passe par l’isolation, et le pull de laine…

Je complète ce billet par quelques éléments informatifs de Wikipédia, mais « internet » vous fournira bien des informations de tous ordres qui vous permettront de vous faire votre opinion.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tube_fluorescent

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lampe_fluorescente

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lampe_a_diode_electroluminescente

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lampe_a_incandescence_classique

Patrick Darlot. Maire de Saint Bresson

mardi 10 février 2009

Des gravats par tonnes.

Une excellente initiative, qui tarde à se concrétiser, de la Communauté de Communes du Pays Viganais est le stockage ultime des gravats de la dite Communauté à l’intérieur de son périmètre. Non seulement cela économisera les charges et la pollution « d’externaliser » nos déchets, mais cela me paraît aussi du registre de la décence de conserver chez soi nos restes. Charge à nous à les diminuer, à les recycler, afin de pas nous laisser envahir par les éléments inutiles. Les gravats (supposés inerte) des travaux publics posent souvent des difficultés d’évacuation des chantiers et « enrichissent » bien des dépôts sauvages. Pour les entrepreneurs en maçonnerie c’est un réel problème, les déchetteries n’étant pas adaptées à leur collecte si elles-mêmes ne possèdent pas de dépôt ultime. Ce problème maintes fois discuté en Communauté de Communes semblait avoir une solution. Mais les dernières décisions prisent en Conseil de Communauté le 4 février dernier me posent plein d’interrogations. Ce petit mot est pour faire un appel à informations…

Finalement j’avais compris que la solution trouvée s’adressait aux particuliers et aux petites entreprises et que les grosses devaient se débrouiller de leur côté. Il est dommage aussi qu’aucun accord n’ait pu se faire avec une carrière pour recycler (par concassage) une grande partie de ces matériaux qui ont fait traditionnellement le bonheur des chemins creux pour les rendre fréquentables en hiver.

Je croyais le projet de Montdardier bien avancé et je découvre que tout y est approximatif. Une décision de 2006 n’est ratifiée par une convention avec l’ONF et le SYMTOMA qu’en juillet 2008, pour un terrain de 30 ares ou 50 ares suivant les textes ??? soit 3 000 m2 !! Donc le dernier Conseil de Communauté nous fait voter en complément un avenant sur un terrain de 8,5 ha soit 85 000 m2 sur la Commune de Saint Laurent le minier. Une « simple » erreur de localisation d’un terrain quasi 28 fois plus grand… Tout le monde peut se tromper…

Le SYMTOMA s’occupe de tout, certes, mais j’aimerai être au courant. Car la convention avec l’ONF ne me paraît pas très précise quand à la remise en état finale. Et ces terrains historiquement acquis à la Mine des Malines ont-ils un statut d’espace naturel ou celui de zone industrielle pour y poser des gravats ? Le PLU de Saint Laurent (ou autre schéma d’aménagement) a-t-il été modifié pour tenir compte de cet usage ?

Les camions de la déchetterie viendront du Vigan par Mondardier, et ceux de Ganges par Saint Laurent le minier… et à quel rythme, pour combien de temps ? Le site sera-t-il clos avec gardiennage pour éviter tous les abus ? Le SYMTOMA s’occupe de tout, certes, mais j’aimerai être au courant.

Que je sois entièrement d’accord sur la finalité du projet ne me retire pas mes interrogations sur la manière de mener celui-ci. Et pour avoir été Conseiller Municipal à Saint Laurent le minier lors de l’annonce de la fermeture de la mine, je sais la nécessité vitale de se poser les bonnes questions sur la réhabilitation du site au moment même de sa création. Dans 10 ans aucun d’entre nous ne sera responsable du gâchis annoncé.

Surtout ce vote me donne une fois de plus une impression d’amateurisme et/ou mise devant le fait accompli sans informations, même si le travail est bien fait par les techniciens du SYMTOMA. En fait je suis invité à voter sur un dossier plein de bonnes intentions mais auquel je ne comprends rien !

TRÈS DÉSAGRÉABLE. Suis-je responsable Docteur ?

Et quand je pense que je suis un Élu, je me demande quelle est l’information pour le citoyen lambda.

DORMEZ BONNES GENS, NOUS NOUS OCCUPONS DE TOUT.

Un petit peu d’information s’il vous plaît. Tiens il faut que j’en parle à Gervasoni, j’ai appris à cette occasion qu’il était Président du SYMTOMA, ce que ne savais pas. Ohlala je suis nul !

RÉSEAUX ET SERVICES LOCAUX DE TÉLÉCOMMUNICATIONS

Voici un texte qui permettra aux curieux d'évaluer le travail d'une collectivité locale qui veut se lancer pour créer un réseau internet…

Code général des collectivités territoriales RÉSEAUX ET SERVICES LOCAUX DE TÉLÉCOMMUNICATIONS Article L1425-1

I Les collectivités territoriales et leurs groupements peuvent, deux mois au moins après la publication de leur projet dans un journal d'annonces légales et sa transmission à l'Autorité de régulation des communications électroniques, établir et exploiter sur leur territoire des infrastructures et des réseaux de communications électroniques au sens du code des postes et communications électroniques, acquérir des droits d'usage à cette fin ou acheter des infrastructures ou réseaux existants. Ils peuvent mettre de telles infrastructures ou réseaux à disposition d'opérateurs ou d'utilisateurs de réseaux indépendants. L'intervention des collectivités territoriales et de leurs groupements se fait en cohérence avec les réseaux d'initiative publique, garantit l'utilisation partagée des infrastructures établies ou acquises en application du présent article et respecte le principe d'égalité et de libre concurrence sur les marchés des communications électroniques. Dans les mêmes conditions, les collectivités territoriales et leurs groupements ne peuvent fournir des services de communications électroniques aux utilisateurs finals qu'après avoir constaté une insuffisance d'initiatives privées propres à satisfaire les besoins des utilisateurs finals et en avoir informé l'Autorité de régulation des communications électroniques. Les interventions des collectivités s'effectuent dans des conditions objectives, transparentes, non discriminatoires et proportionnées. L'insuffisance d'initiatives privées est constatée par un appel d'offres déclaré infructueux ayant visé à satisfaire les besoins concernés des utilisateurs finals en services de communications électroniques.

II Lorsqu'ils exercent une activité d'opérateur de communications électroniques, les collectivités territoriales et leurs groupements sont soumis à l'ensemble des droits et obligations régissant cette activité. Une même personne morale ne peut à la fois exercer une activité d'opérateur de communications électroniques et être chargée de l'octroi des droits de passage destinés à permettre l'établissement de réseaux de communications électroniques ouverts au public. Les dépenses et les recettes afférentes à l'établissement de réseaux de communications électroniques ouverts au public et à l'exercice d'une activité d'opérateur de communications électroniques par les collectivités territoriales et leurs groupements sont retracées au sein d'une comptabilité distincte.

III L'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes est saisie, de tout différend relatif aux conditions techniques et tarifaires d'exercice d'une activité d'opérateur de communications électroniques ou d'établissement, de mise à disposition ou de partage des réseaux et infrastructures de communications électroniques. Les collectivités territoriales, leurs groupements et les opérateurs de communications électroniques concernés lui fournissent, à sa demande, les conditions techniques et tarifaires faisant l'objet du différend, ainsi que la comptabilité retraçant les dépenses et les recettes afférentes aux activités exercées.

IV Quand les conditions économiques ne permettent pas la rentabilité de l'établissement de réseaux de communications électroniques ouverts au public ou d'une activité d'opérateur de communications électroniques, les collectivités territoriales et leurs groupements peuvent mettre leurs infrastructures ou réseaux de communications électroniques à disposition des opérateurs à un prix inférieur au coût de revient, selon des modalités transparentes et non discriminatoires, ou compenser des obligations de service public par des subventions accordées dans le cadre d'une délégation de service public ou d'un marché public.

le texte avec toutes les références juridiques est disponible sur : http://www.legifrance.gouv.fr

À propos de ce blog 2

Lors de discussions extrêmement intéressantes avec pas mal d’amis, de connaissances, de collègues, et même d’opposants… certains ont reproché à mon blog son « aridité » et à mes textes leurs longueurs et leurs goûts du détail. Je ne suis pas là pour faire polémique, mais au grès de mes errances, de mon « butinage » et de mes découvertes, je tiens à partager ce qui me fait réflexion et/ou qui me pose problème. J’espère que ce sera en bilan final plus de sourire que de cri de colère, mais surtout que ce sera là possibilité d’échanges fructueux, que ce soit à travers le blog ou lors de discussions. Ces petits textes ne sont pas figés, beaucoup sont et seront des questions ou des demandes d’informations, qui demandent réponse. Il est certain que comme moi, il faut aimer lire et ne pas craindre d’apprendre à se remettre en cause. Donc je m’excuse d’avance auprès de ceux qui trouvent mes propos « ennuyeux ». Ils ne le sont pas pour moi. C’est un TRAVAIL qui me fait comprendre un peu mieux le monde qui nous entoure. Il se fera à mon rythme et suivant mes goûts.

dimanche 8 février 2009

Lettre de Monsieur de Voltaire

Lettre de Voltaire à M. DAMILAVILLE

1er Avril 1766

Le Philosophe sans le savoir, mon cher ami, n’est pas à la vérité une pièce faite pour être relue, mais bien pour être rejouée. Jamais pièce, à mon gré, n’a dû favoriser davantage le jeu des acteurs ; et il faut que l’auteur ait une parfaite connaissance de ce qui doit plaire sur le théâtre. Mais on ne relit que les ouvrages remplis de belles tirades, de sentences ingénieuses et vraies, en un mot, des choses éloquentes et intéressantes.

Je crois que nous ne nous entendons pas sur l’article du peuple, que vous croyez digne d’être instruit. J’entends, par peuple, la populace qui n’a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ni la capaciité de s’instruire ; ils mourraient de faim avant de devenir philosophes. Il me paraît essentiel qu’il y ait des gueux ignorants. Si vous faisiez valoir, comme moi, une terre, et si vous aviez des charrues, vous seriez bien de mon avis. Ce n’est pas le manoeuvre qu’il faut instruire, c’est le bon bourgeois, c’est l’habitant des villes : cette entreprise est assez forte et assez grande.

Il est vrai que Confucius avait dit qu’il avait connu des gens incapables de science, mais aucun incapable de vertu. Aussi doit-on prêcher la vertu au plus bas peuple ; mais il ne doit pas perdre son temps à examiner qui avait raison de Nestorius ou de Cyrille, d’Eusèbe ou d’Athanase, de Jansénius ou de Molina, de Zuingle ou d’Œcolampade. Et plût à Dieu qu’il n’y eût jamais de bon bourgeois infatué de ses disputes ! Nous n’aurions jamais eu de guerres de religion ; nous n’aurions jamais eu de Saint-Barthélemy. Toutes les querelles de cette espèce ont commencé par des gens oisifs qui étaient à leur aise ; __Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu. __ Je suis de l’avis de ceux qui veulent faire de bons laboureurs des enfants trouvés, au lieu d’en faire des théologiens. Au reste, il faudrait un livre pour approfondir cette question ; et j’ai à peine le temps, mon cher ami, de vous écrire une petite lettre.

Je vous prie de bien vouloir me faire un plaisir, c’est d’envoyer l’édition complète de Cramer à M. de la Harpe. Ce n’est pas qu’assurément je prétende lui donner des modèles de tragédie ; mais je suis aise de lui montrer quelques petites attentions dans son malheur.

Je n’ai point reçu le panégirique fait par M. Thomas. Sûrement on fait examiner secrètement le Dictionnaire des Sciences, puisqu’il n’est pas encore délivré aux souscripteurs. Mais qui sont les examinateurs en état d’en rendre un compte fidèle ? Faudrait-il qu’un scrupule mal fondé, ou la malignité d’un pédant fit perdre aux souscripteurs leur argent, et aux libraires leurs avances ? J’aimerais autant refuser le paiement d’une lettre de change, sus prétexte qu’on pourrait en abuser.

Voici trois exemplaires que M. Boursier m’a remis pour vous être envoyés. Il dit que vous ne ferez pas mal d’en adresser un au prêtre de Novempopulanie. Vous boyez que la justice de Dieu est lente, mais elle arrive : Persequitur pede pœna claudo.__ Il y a des gens auxquels il faut apprendre à vivre, et il est bon de venger quelquefois la raison des injures des maroufles. __ Nous avons ici la médiation, et je crois que vous ne vous en souciez guère. J’attends toujours quelque chose de Fréret. On dit que ma nièce de Florian passera son temps agréablement à Ornoi : vous irez la voir ; elle est bien heureuse.

Adieu, mon très-cher ami ; je vous embrasse bien tendrement.

Tiré d’un volume des oeuvres complètes de Voltaire : Correspondance générale, Ed. Th. Desoer, Paris 1817.

mardi 3 février 2009

Un livre à mettre entre toutes les mains "la propagande du quotidien"

Je vous propose un livre dont je me suis régalé, et comme le communiqué de presse le présente très bien, je lui laisse la parole :

Un livre fouillé, riche et très intéressant sur l'utilisation de la langue au service d'une idéologie. Il décrypte avec clarté la façon dont le sens de certains mots a dérivé pour signifier à présent quelque chose de tout à fait différent, ou tout simplement de quelle manière l'univers mental que ce mot convoque a changé, passant parfois d'un sens à son contraire. Ce livre pointe également certaines expressions qui rythment notre vie à travers les médias et qui permettent à l'idéologie néolibérale d'asseoir son emprise sur nos vies plus facilement. Le combat politique est une guerre, une guerre sans armes et sans morts, dans lequel les armes sont les mots. L'utilisation des mots justes est donc le début du combat ! Alors, lisez ce livre, et pensez à remplacer "charges sociales" par "cotisations sociales" ou "partenaires sociaux" par "patronat et syndicats"! Cela paraît tout bête et inutile, mais c'est par là que tout commence ! Pour regagner la confiance du peuple, il faut d'abord gagner la bataille culturelle.

De modernité à gouvernance en passant par transparence, réforme, crise, croissance ou diversité : la Lingua Quintae Respublicae (LQR) travaille chaque jour dans les journaux, les supermarchés, les transports en commun, les « 20 heures » des grandes chaînes, à la domestication des esprits. Comme par imprégnation lente, la langue du néolibéralisme s’installe : plus elle est parlée, et plus ce qu’elle promeut se produit dans la réalité. Créée et diffusée par les publicitaires et les économistes, reprise par les politiciens, la LQR est devenue l’une des armes les plus efficaces du maintien de l’ordre.

Ce livre décode les tours et les détours de cette langue omniprésente, décrypte ses euphémismes, ses façons d’essorer les mots jusqu’à ce qu’ils en perdent leur sens, son exploitation des « valeurs universelles » et de la « lutte antiterroriste ». Désormais, il n’y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d’exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C’est ainsi que la LQR substitue aux mots de l’émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission.

LQR - la propagande du quotidien Éric Hazan Éditions Raisons d'agir 6 € ISBN : 978 2912 107299 (pour aider votre libraire… en vente au Pouzadou)

Match : Internet viganais 512 / Corée du sud 1 Gbit

''Internet à 1 Gbit/s en Corée du Sud Source : MacBidouille par Lionel - 03/02/09 - 06:02:52

Source : Electronista La Corée du Sud a décidé de déployer d'ici 2012 des infrastructures qui permettront à la population de se connecter à Internet à 1 Gbit/s, soit un débit maximum de 100 Mo/s. Le système ne semble pas s'appuyer sur la de fibre optique, mais sur des infrastructures proches de l'Ethernet. La fibre optique (très en retard) en France devra quant à elle permettre à ceux qui y auront accès de se connecter à 100 Mbits/s (10 Mo/s) avec l'avantage d'être très peu sensible à la longueur de la ligne contrairement aux solutions basées sur du Cuivre. À terme, il sera possible d'augmenter ces débits en changeant les équipements en amont et en aval afin de multiplexer plusieurs lasers comme c'est déjà le cas dans les câbles sous marins.''

Voici typiquement un exemple de divergence de volonté politique. Il ne me semble pas que la Corée du sud soit plus riche que la France… Le coût est un mauvais argument car le financement des états est sur une logique totalement différente de celle des particuliers. Les Banquiers nous font croire qu'ils sont indispensables car ils ont fait un hold-up sur la Banque Centrale Européenne. Voir les excellents textes de l'économiste Bernard Maris (alias Oncle Bernard dans Charlie Hebdo) sur la monnaie.

Mais j'y reviendrai en vous proposant des lectures.

lundi 2 février 2009

À propos de la déviation du Rey à Pont d'Hérault

__Je choisis d’en parler car j’ai été publiquement mis en cause par Monsieur le Président Roland Canayer, le 22 décembre dernier, comme étant responsable du fiasco historique de ce dossier.

Ben NON, je ne suis aucunement responsable de rien dans cette délirante histoire.__

Je connais bien le dossier depuis une quarantaine d’années, car cette déviation fait partie des « Monstres du Loch’Ness » locaux. Arriver tant de fois à se faire retoquer au Tribunal Administratif sur des projets de déviation mal ficelés… Faut le faire !

Comme tout le monde, j’en subis les conséquences.

Historiquement c’est une querelle de Politiques locaux : « La branche principale ira-t-elle au Vigan ou à Valleraugue ? »

Actuellement, c’est la jonction entre l’A75, Montpellier et Nîmes, via Le Vigan et Ganges, qui est en jeu.

Voilà un « Y » routier qui ne semble jamais avoir véritablement inspiré les aménageurs. Même dans ses parties simples et « roulantes », on s’acharne à rajouter des ronds-points, des traversées de villages nouveaux… Une véritable thrombose circulatoire. Et ce, quel que soit le Département. La montagne est plus difficile à aménager que la plaine, soit. Il reste trois points difficilement aménageables dans l’arrière vallée du Vigan : Le Rey, le groupe des traversées de villages Arre-Bez-Cavaillac, le tunnel d’Alzon et son village. Nous ne pourrons jamais avoir une autoroute, mais une belle circulante me suffirait.

Pour la traversée du Rey, après avoir passé beaucoup de temps sur les plans de l’enquête publique, j’en avais conclu que les travaux pharaoniques, prônés par le Conseil Général et un bureau d’études lointain connaissant mal le terrain, ne résoudraient pas le problème et qu’il fallait mieux écouter les habitants riverains qui, eux vivant sur place, ont bien souvent des idées bien plus réalistes (je suis adepte de la démocratie directe). Les travaux sont colossaux c’est certain, mais en partant d’un aménagement conséquent de l’existant avec tranchée, pont et tunnel, il est parfaitement possible de satisfaire tout le monde.

Une fois de plus si l’on avait fait un schéma d’aménagement du territoire à 20 ans, il aurait été possible d’acquérir le foncier en permettant, non seulement de restructurer l’existant, mais d’éviter des croissances incontrôlées du bâti, qui font que d’autres traversées deviennent aberrantes : Moulès et Baucels, rocade de Ganges, Saint Bauzille de Putois, (branche impossible d’Agonès)…

À propos d’internet

Finalement, l’étude de faisabilité a été confiée à Altinet, et j’ai été déchargé et même éliminé de tout le dossier. Bien, j’en prends acte, cela va me redonner du temps à me consacrer à bien d’autres sujets. Mais je ne peux assister à d’aussi pitoyables travaux sans vous donner mon sentiment.

J'ai assisté deux fois à une présentation pathétique de généralités sur internet, sans aucune étude concrète sur le terrain. La Communauté de Communes vient de payer 20 000 € HT une étude qui n’est fait que d’idées générales, de copier-coller de documents connus des professionnels, d’études statistiques qui ne sont que des évaluations de possibilités, de « peut-être », de clients potentiels, à partir de recensements périmés de l’INSEE et de pourcentages fournis par des documents de France Télécoms sujets à caution. De carte faite par un logiciel connu de tous, permettant de joindre les sommets par relevés de niveau, mais qui ne peut tenir compte, ni de la végétation, ni des constructions. De possibilités, possibles, d’utiliser « peut-être », des antennes existantes (TDF, FT) qui justement appartenaient AVANT à la Communauté de Communes qui les a abandonnées au privé, et qui continue néanmoins à en payer l’entretien ! (À ce sujet, après m’être scandalisé de la décision, et voté CONTRE, j’avais proposé de faire un recours en tant que personne ayant intérêt à agir. Ce que ne peut plus faire la Communauté de Communes. Mais…)

Altinet (pardon devenue LUXINET) oriente bien entendu le choix de la Communauté de Communes vers une Délégation de Service Publique, en précisant bien qu’elle ne prend pas le risque de rédiger le cahier des charges, ne fait pas l’étude technique pour l’implantation, ni le maître d’œuvre. Avec un estimatif bidon, à la louche, de plus du double de l’évaluation que nous avions faite. Sans tenir compte des lois et règlements qui stipulent la nécessaire indépendance entre le bureau d’étude, l’installateur et l’exploitant. Et qui dit : Délégation de Service Publique, dit : pré-existance de l’installation…

Donc une étude inutilisable, comme celles faites précédemment.

Et une lourde responsabilité pour la Communauté de Communes, si elle se lance dans l’aventure juridique de la DSP… À moins de payer une autre étude, à faire faire par un autre cabinet ? Il est bien évident que la Communauté de Communes pense « instinctivement » à externaliser le service internet haut-débit, en rêvant tout haut de trouver un opérateur compréhensif… Bonne chance pour la DSP. Notre expérience personnelle nous fait pencher vers l’unique solution économiquement viable : la régie. Si l’on veut une couverture totale, évolutive, de la zone.

Qui vivra verra…

À ce sujet, le projet de délibération n° 5 proposé au vote lors du Conseil de Communauté du 4 février prochain est particulièrement mal écrit :

COUVERTURE HAUT DÉBIT DU TERRITOIRE DE LA COMMUNAUTÉ DE COMMUNES DU PAYS VIGANAIS : CONSTRUCTION D’UN RÉSEAU HERTZIEN MAILLE AVEC UNE DORSALE FH.

OBJET DE LA DÉLIBÉRATION : Solliciter les aides financières. Lancer une délégation de service public

Il est bien évident que ce texte en l'état est totalement attaquable au Tribunal Administratif car sans fondement juridique cohérent. Je confirme aussi que l'état de carence DOIT être justifié.

À propos des profondes mutations des structures politiques françaises

Nous sommes dans une époque de transition où, qu’on le veuille ou non, bien des manières de travailler et de gérer les collectivités vont être profondément modifiées. Les travaux du Comité pour la réforme des Collectivités Locales, présidé par Monsieur Balladur, commencent à être connus. Et, comme il est probable qu’il y aura un consensus politique à ce sujet, les modifications vont être profondes. Il ne s’agit pas pour autant de faire de l’attentisme, mais de prendre des décisions en souplesses de telle manière que les actions entreprises ces prochaines années puissent s’insérer dans le nouveau modèle politico-social.

J’ai toujours été partisan de réformes régulières afin d’adapter nos structures aux transformations normales du monde qui nous entoure directement. Il ne sert à rien de se crisper, de défiler, écharpe à la ceinture, de refuser tout changement. La modification de la composition sociologique du Pays Viganais comme la modernisation de l’État oblige à une refonte profonde de « l’interface » Administration-Citoyen.

Ce n’est pas pour cela que je suis partisan des méthodes à la hussarde de la part de l'État ! Mais si cela est ainsi, je tiens à rester maître de mes choix. Pour cela il est nécessaire d’avoir une très bonne connaissance du terrain et de son évolution afin d’anticiper les axes de transformation afin de PROPOSER des solutions et non de les subir.

Même si je suis en désaccord avec la réforme de la carte judiciaire proposée, une réforme de fond était nécessaire. Même si je suis sceptique sur l’efficacité de la manière de créer le « pôle emploi », une simplification était nécessaire. La nécessaire modernisation de la gestion des impôts et de la Trésorerie entraîne inéluctablement une refonte complète des services… Je pourrais rajouter qu’une mutation profonde de la Poste est inéluctable, comme des services de la Préfecture…

Mais ce n’est pas pour cela que j’aime être mis devant le fait accompli, surtout lorsqu’il n’y a aucune concertation avec les Élus. En parlant de CONCERTATION, je ne parle pas de vagues réunions pour faire « passer la pilule », ou d’arrangement avec quelques Politiques, mais de travailler ensemble, démocratiquement, avec une connaissance du terrain et pour la recherche de propositions acceptables par tous.

C’est justement le rôle principal que devrait jouer la Communauté de Communes, dans son action structurant le territoire. Nous en sommes loin, et les outils nécessaires n’existent pas.

C’est pour cela que je suis en désaccord lorsque l’État transmet des compétences sans concertation et sans restructurer les financements. De même lorsque, sous des couverts de bons sentiments, la Communauté des Communes accepte de s’endetter, sans penser au futur, pour mettre les services régaliens de l’État dans une « Maison des Services ». La chose est d’autant plus étrange que le même État, par un courrier (envoyé à l’identique à tous nos Politiques locaux – j’en ai reçu trois copies !) de Madame la Ministre de l’Intérieur, ne cache pas que le Sous-Préfet en résidence au Vigan va disparaître. Je sais bien que l’État a besoin de rester au Vigan. Je ne peux que me féliciter du remarquable travail des services de la Préfecture, de la Trésorerie et de la Perception. Certes, pour certains, La Présence du Sous-Préfet est un honneur, mais il nous sera toujours loisir de le rencontrer à Nîmes ou de l’inviter en vacances. Par conséquent une grande partie du bâtiment de la Sous-Préfecture va se libérer. Il y a là matière à réinstaller les Services de l’État. (À négocier cela avec le Département, propriétaire des murs.) La Communauté des Communes du Pays Viganais n’a aucune vocation à s’ériger investisseur dans l’immobilier de rapport. C’est là une activité lucrative que notre société réserve aux entreprises et aux particuliers.

Extrait de la lettre ouverte au Sous Préfet du Vigan.

dimanche 1 février 2009

Lettre ouverte à Monsieur le Sous Préfet du Vigan

À la suite de la parution de la lettre publique, envoyée début décembre 2008, à Monsieur Roland Canayer, Président de la Communauté des communes, Monsieur le Sous Préfet du Vigan m'a envoyé une lettre. Ce qui prouve qu'il est très attentif à ce qu'il se passe dans notre belle région. Son point de vue était celui d'un fonctionnaire de l'État soucieux que tout se passe bien.

Mais des notes manuscrites rajoutées dénaturaient fortement le propos. De plus lors de la présentation de l'Audit de la Communauté de Communes, Monsieur le Sous Préfet s'est permis de dire publiquement, tout le mal qu'il pensait, de pouvoir écrire des lettres ouvertes, me mettant par sous entendus, publiquement en cause, sans me laisser loisir de répondre.

Je me suis donc permis de lui écrire la semaine dernière une lettre ouverte dans laquelle je reprends le dialogue avec lui en lui proposant des pistes de réflexions propices à "rouvrir un débat serein".

Je l'ai prévenu qu'elle serait publiée intégralement sur mon blog et donc vous pouvez si vous le désirez la télécharger (pdf) en cliquant tout simplement sur "une annexe".

Je suis toujours disponible pour en discuter.

jeudi 15 janvier 2009

Orientation énergétique

Voila une délibération, la n° 12 proposée et votée le mercredi 7 janvier, qui est franchement hilarante. À sa lecture le Grenelle de l'environnement paraît très osé et contraignant, et Jean Louis Borloo me paraîtrai sympathique.

Approbation du projet "Conseil d'orientation énergétique" avec maîtrise d'ouvrage syndicat mixte du Pays Viganais Aigoual, Cévennes, Vidourle. Déjà que cette couche supplémentaire du millefeuille politique local n'est pas très définie malgré une Charte de "Pays" adoptée en 2006, une étendue qui ne fait qu'augmenter (adhésion en instance de la Vallée Borgne, délib n° 11), et un fonctionnement qui devient de plus en plus opaque, par une démocratie de plus en plus indirecte, sans réelles informations auprès des Citoyens… Sans compter sur la disparition probable prochaine de cette structure.

Mais les "deux grands objectifs" sont croquignoles : • Lutter contre le changement climatique et l'épuisement des ressources naturelles en réduisant les consommations d'énergie du territoire et en exploitant au mieux les ressources locales. • Promouvoir une approche énergétique locale, vecteur de développement et respectueuse du patrimoine paysager urbain et rural.

Difficile de faire plus vague, plus consensuel, et plus indéfini sur l'environnement. Qui peut être contre cela ?

Le HIC est que AUCUN projet concret n'est décrit, donc c'est une bonne intention qui coûte quand même 75 000 € dont 4 650 € à la charge de la Communauté des Communes du Pays Viganais. Les contributions théoriques les plus fortes venants des subventions de la Région LR et de l'ADEM pour 45 000 €.

Après information complémentaire il s'agirait de financer des diagnostics énergétiques de bâtiments existants pour Le Vigan et deux autres communes en ce qui concerne la Communauté des Communes du Pays Viganais. Le tout sous la responsabilité de l'ADEM qui mandatera un bureau d'étude. Je me demande pourquoi cela ne se fait pas via un financement direct de l'ADEM qui se débrouille pour trouver ses sous. Et que vient faire le "Pays", qui n'existe que sur le papier et va sans doute disparaître (Le Président Canayer dixit).

Je sais bien que tout bon millefeuille est bien plus voluptueux avec une bonne couche de crème entre chaque couche, mais à ce point de non-définition du projet… C'est du grand art de l'opportuniste de la subvention.

Mais c'est aussi inquiétant car confier au "Pays" des objectifs aussi mal définis est la porte ouverte en grand à tous les abus. Par exemple le deuxième point "Promouvoir une approche énergétique locale, vecteur de développement et respectueuse du patrimoine paysager urbain et rural." Peut servir à lutter contre les éoliennes… non respectueuses du patrimoine paysager selon certains.

Toute délibération mal définie ou trop vague permet tous les abus et toutes les manipulations.

jeudi 8 janvier 2009

Lettre ouverte 2 à Monsieur le Président de la Communauté de Communes du Pays Viganais

À la suite de la parution de la lettre publique, envoyée début décembre 2008, à Monsieur Roland Canayer, Président de la Communauté des communes, de nombreuses personnes, n'ayant pas pu lire le texte, me l'ont demandé. En effet cette lettre a été envoyée principalement aux délégués de la Communauté des Communes et à quelques autres personnes. Je tiens à préciser que cette lettre qui est évidemment polémique n'est pas une attaque envers une personne, mais envers une méthode de gestion.

Vous en trouverez le texte complet, téléchargeable en pdf en cliquant tout simplement sur "une annexe".

Je reste prêt à en débattre.

mercredi 7 janvier 2009

Un passager clandestin dans l'internet

Il est de certaines délibérations comme de l'Arlésienne : elles sont toujours annoncées, on ne les voit pas, mais leurs ombres se profilent régulièrement. Seront-elles votées ? La Demande d'aides Financières pour l'internet haut débit est de celles-là. Nous en sommes à la quatrième mouture et elle est toujours aussi mal foutue, inutilisable et totalement attaquable au Tribunal Administratif.

La première mouture date du 26 septembre 2008, elle fut proposée par Laurent Pons "Il souhaite simplement prendre une délibération pour solliciter un reliquat de DGE 2008 qui nous a été proposé, sur un dossier qui a été rapidement monté afin de lancer un projet cohérent sur tout le territoire." Bonne initiative, mais il y avait déjà un passager clandestin au conditionnel sur une consultation dans le cadre des marchés publics. Il est à noter que c'est ce dernier Appel d'offres que j'ai attaqué le 26 décembre 2008 au Tribunal Administratif, et non la délibération de demande de subventions qui me paraît être une bonne chose d'autant qu'elle reprend exactement les montants que nous avons proposé Darlot-Rullier-Lengronne en septembre (mais j'y reviendrai).

La deuxième mouture nous est proposée pour la séance du 22 décembre 2008 mais elle n'est plus que pour constater une carence de la desserte internet à haut débit dans le Pays Viganais. Certes c'est une évidence, pourquoi pas, sauf qu'un constat de carence cela s'argumente et que le dossier est vide pour l'instant par flemme de l'écrire… à moins que ce soit pour cela qu'ALTINET apparaisse dans la délibération. Alors attendons la fin du travail d'ALTINET et le travail de la Commission sur internet et les nouvelles technologies annoncée pour Janvier 2009. Je me demande bien ce que va en penser l'ARCEP chargé de la régulation des Télécommunications.

Troisième mouture, présentée d'une façon consternante ou hilarante comme un passager clandestin le jour même de la réunion, planquée à l'intérieur d'une modification de l'ordre du jour pour rajouter un point sur l'accueil des camping-cars. On se serait cru aux pires heures de l'Assemblée Nationale : une imbécillité qui est immédiatement annulée par le Tribunal Administratif. J'en fais la remarque, puis d'autres râlent à juste titre sur les délais entre documents de travail et réunion… Et à notre plus grand étonnement le Président annule la séance de son propre chef, alors que la réunion étant commencée il nous fallait voter pour l'annuler. Mais on n’en est pas à ce point de rigueur visiblement. Bruits de couloirs, invectives… J'y reviendrais. L'intéressant du projet est qu'apparaissent des éléments financiers avec "des tranches", des informations mal définies, qui prouvent que le projet est présenté à moitié, sans réunion de la Commission, sans le compte rendu d'Altinet… La préparation d'un passage en force ?

Quatrième mouture qui est double cette fois : Délibération n° 13 sur un constat de carence. Une autre fois la carence n'est pas prouvée par les informations fournies et je me demande ce qu'en pensera l'ARCEP. Je dis cela par expérience du dossier que j'ai dû fournir à l'ARCEP pour obtenir une licence expérimentale d' Opérateur qui me permet en tant que Maire de gérer le réseau internet de Saint Bresson. Délibération n° 14 sur un plan de financement : Des informations chiffrées sans aucune explication, sans étude préalable du bureau, sans rendu d'ALTINET, sans réunion et discussion en Commission d'internet et nouvelles technologies… Reprenant les éléments financiers fournis en septembre par Darlot-Rullier-Lengronne pour un total de 400 900 € HT…

Tout ceci n'est pas très cohérent et si ces délibérations sont un jour voté… elles seront certainement attaquables au Tribunal Administratif.

Quel temps perdu !

mardi 6 janvier 2009

Plateforme Véhicules Historiques

Nous voici dans l'étude des projets de délibérations du Conseil de communauté pour le 7 janvier (demain). Elles reprennent celle de la séance du 22 décembre qui a avorté… Enfin presque toutes.

Il y en a une qui me retient l'attention - la Plateforme Véhicules Historiques - justement parce qu’elle me parait équilibrer les rôles des collectivités publiques et des investisseurs et acteurs privés. Un projet de personnes ayant le goût de l'entreprise soutenu par la collectivité… et avec une étude en amont directement fait par les aventuriers accompagnés par la Communauté des Communes. Un projet qui peut aboutir car les acteurs réfléchissent à l'articulation juridique entre public et privé. Cela me paraît une bonne idée qui peut devenir excellente si l'on n’en profite pas pour privatiser les bénéfices et socialiser les pertes.

Ici le projet vient du privé ce qui fait que celui-ci est directement associé à la conception. Bien des projets morts-nés du Pays Viganais ont coûté des fortunes en études, comme Peyraube ou la création de plans d'eau… sans jamais aboutir, tout simplement parce qu'il n'y avait pas le désir dès la conception d'un opérateur ou d'un gérant totalement impliqué et moralement et financièrement.

Bravo, et que ce nouvel esprit d'étude nous apporte des solutions concrètes.

dimanche 4 janvier 2009

Lecture de l'Audit

Cela fait plusieurs jours que je lis l'audit de la Communauté des Communes, que j'ai finalement reçu par la poste. Ici je vois bien une fois de plus la différence entre une lecture papier et une lecture écran. Sur l'ordinateur la lecture est rapide mais difficile à mémoriser, rien ne vaut un texte papier pour "travailler" dessus.

La fin de la lecture détaillée est un grand découragement car c'est évident que choisir de nouvelles orientations demanderaient des débats longs et très engageants. Passionnants bien entendu, mais vu la difficulté des échanges actuels, j'ai bien peur qu'une fois de plus nous serons mis devant le fait accompli.

Cela mériterait plusieurs jours de travail en Commission spécialement crée à cet effet comme une sorte d'Assemblée Constituante.

Il y a quand même une réflexion de fond qui me paraît évidente :

En fait il n'y a pas de Communauté des Communes, mais une sorte de gros Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple. Un SIVOM complémentaire de celui du Vigan. Une confusion de services mal écrits et redondants, les restes de toutes ces disputes de pouvoirs politiques. Bien pratique pour gérer (dans de mauvaises conditions - j'y reviendrais) des services aux Communes.

En fait c'est très simple la vocation première de la Communauté des Communes est niée. La volonté du législateur, tant au niveau national par les lois de décentralisation, que lors de la fondation de la CDC était l'aménagement de l'espace communautaire. Il s'agissait avant tout de faire un Schéma de Cohérence Territorial (SCOT) qui devait harmoniser les Plans locaux d'Urbanisme des différentes Communes, en le complétant d'un outil : le Service d'informations Géographiques (SIG) qui permettait de cibler puis d'organiser le développement commun et après de créer les services techniques nécessaires.

Mais une fois de plus pour ménager les petits intérêts locaux, et faute d'en avoir la capacité et de prendre le temps de discuter, les Élus ne se sont mis d'accord que sur une suite opportuniste de services qui déchargeaient une partie de leur travail (énorme) sur la Communauté des Communes. Ce qui a créé l'impasse actuelle où chacun reproche à la cantonade l'impuissance de l'ensemble. Rajoutez les rivalités de clans et l'ensemble sera parfait.

Je ne vois pas d'autre issue que de reprendre la fondation à ses débuts et de s'atteler à un SCOT. Mais là consternation je découvre en page 22, qu'il est sous-entendu que c'est la démarche de Pays qui doit aboutir à cela, puisque les deux autres points sont techniques. Je retrouve là la fâcheuse tendance des Élus à "externaliser" les problèmes au lieu de les prendre à bras-le-corps. Après cela c'est toujours facile de dire que c'est la faute à l'autre.

Mais par les temps qui courent dire qu'il faut commencer par réfléchir à l'aménagement du territoire à la manière d'un PLU géant en commençant par une connaissance de l'existant va faire sourire. Pourtant de par l'expérience que j'ai forgée toutes ces années de travail sur internet et son adaptation à la zone de montagne, je peux vous garantir que nous ne connaissons rien de là où nous vivons. J'avais découvert cela dans les années soixante-dix en Lorraine lors de ma thèse d'ingénieur qui était sur la reconversion du Bassin Lorrain, puis dans les années quatre-vingt lors de l'élaboration du POS de Saint Laurent le minier qui m'avait été confié, et je le redécouvre aujourd’hui avec la mise en route d'un PLU pour la Commune de Saint Bresson dont je suis actuellement le Maire.

Je me demande comment va se dérouler cette discussion mercredi… Une formalité sans fond ou un réel désir de travail de fond… mais pour cela il faudrait partager le pouvoir et désirer une Démocratie directe.

jeudi 1 janvier 2009

MEILLEURS VOEUX POUR 2009

Que ce soit une année de dialogues ! Sans oublier la santé.

lundi 29 décembre 2008

Un blog pourquoi faire ?

" Le monde moderne est un monde de communications !" Cela reste à prouver.

Si je suis libre de m'informer encore faut-il que j'aie des sources et que je puisse en contrôler la véracité. Le plus simple est de recouper mes données, encore m'en faut-il beaucoup. Livres, revues, journaux sont des sources généralistes et il m'est parfois plus simple de connaître ce qui se passe au loin que dans ma région.

Je suis à peu près au courant de l'intime qui m'entoure, et de la vie du Monde. Mais qu'en est-il de mon voisinage, des instances qui structure ma vie quotidienne ? Sorti de mon quartier et de mon village, que sais-je du "premier cercle". Très peu !

Pire, ce que j'apprends par bribes, je ne peux le confronter aux avis, aux opinions des autres. Tout autant que l'information m'est nécessaire, la discuter avec mes voisins m'est indispensable. Je vais ainsi petit à petit me constituer une opinion puis conforter mon point de vue qui va enfin me permettre de donner mon avis qui par le jeu de la démocratie va influer sur les décisions de ceux auxquels nous avons délégué l'exécutif de notre quotidien.

Pour moi ce blog va servir à cela, dialoguer sur des sujets concrets avec mes Concitoyens pour fortifier mon avis et faire passer mes idées, pour le bien de la Démocratie.

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