À propos des profondes mutations des structures politiques françaises
Par Patrick Darlot le lundi 2 février 2009, 14:27 - Politique Nationale - Lien permanent
Nous sommes dans une époque de transition où, qu’on le veuille ou non, bien des manières de travailler et de gérer les collectivités vont être profondément modifiées. Les travaux du Comité pour la réforme des Collectivités Locales, présidé par Monsieur Balladur, commencent à être connus. Et, comme il est probable qu’il y aura un consensus politique à ce sujet, les modifications vont être profondes. Il ne s’agit pas pour autant de faire de l’attentisme, mais de prendre des décisions en souplesses de telle manière que les actions entreprises ces prochaines années puissent s’insérer dans le nouveau modèle politico-social.
J’ai toujours été partisan de réformes régulières afin d’adapter nos structures aux transformations normales du monde qui nous entoure directement. Il ne sert à rien de se crisper, de défiler, écharpe à la ceinture, de refuser tout changement. La modification de la composition sociologique du Pays Viganais comme la modernisation de l’État oblige à une refonte profonde de « l’interface » Administration-Citoyen.
Ce n’est pas pour cela que je suis partisan des méthodes à la hussarde de la part de l'État ! Mais si cela est ainsi, je tiens à rester maître de mes choix. Pour cela il est nécessaire d’avoir une très bonne connaissance du terrain et de son évolution afin d’anticiper les axes de transformation afin de PROPOSER des solutions et non de les subir.
Même si je suis en désaccord avec la réforme de la carte judiciaire proposée, une réforme de fond était nécessaire. Même si je suis sceptique sur l’efficacité de la manière de créer le « pôle emploi », une simplification était nécessaire. La nécessaire modernisation de la gestion des impôts et de la Trésorerie entraîne inéluctablement une refonte complète des services… Je pourrais rajouter qu’une mutation profonde de la Poste est inéluctable, comme des services de la Préfecture…
Mais ce n’est pas pour cela que j’aime être mis devant le fait accompli, surtout lorsqu’il n’y a aucune concertation avec les Élus. En parlant de CONCERTATION, je ne parle pas de vagues réunions pour faire « passer la pilule », ou d’arrangement avec quelques Politiques, mais de travailler ensemble, démocratiquement, avec une connaissance du terrain et pour la recherche de propositions acceptables par tous.
C’est justement le rôle principal que devrait jouer la Communauté de Communes, dans son action structurant le territoire. Nous en sommes loin, et les outils nécessaires n’existent pas.
C’est pour cela que je suis en désaccord lorsque l’État transmet des compétences sans concertation et sans restructurer les financements. De même lorsque, sous des couverts de bons sentiments, la Communauté des Communes accepte de s’endetter, sans penser au futur, pour mettre les services régaliens de l’État dans une « Maison des Services ». La chose est d’autant plus étrange que le même État, par un courrier (envoyé à l’identique à tous nos Politiques locaux – j’en ai reçu trois copies !) de Madame la Ministre de l’Intérieur, ne cache pas que le Sous-Préfet en résidence au Vigan va disparaître. Je sais bien que l’État a besoin de rester au Vigan. Je ne peux que me féliciter du remarquable travail des services de la Préfecture, de la Trésorerie et de la Perception. Certes, pour certains, La Présence du Sous-Préfet est un honneur, mais il nous sera toujours loisir de le rencontrer à Nîmes ou de l’inviter en vacances. Par conséquent une grande partie du bâtiment de la Sous-Préfecture va se libérer. Il y a là matière à réinstaller les Services de l’État. (À négocier cela avec le Département, propriétaire des murs.) La Communauté des Communes du Pays Viganais n’a aucune vocation à s’ériger investisseur dans l’immobilier de rapport. C’est là une activité lucrative que notre société réserve aux entreprises et aux particuliers.
Extrait de la lettre ouverte au Sous Préfet du Vigan.