Nous sommes dans une époque de transition où, qu’on le veuille ou non, bien
des manières de travailler et de gérer les collectivités vont être profondément
modifiées. Les travaux du Comité pour la réforme des Collectivités Locales,
présidé par Monsieur Balladur, commencent à être connus. Et, comme il est
probable qu’il y aura un consensus politique à ce sujet, les modifications vont
être profondes. Il ne s’agit pas pour autant de faire de l’attentisme, mais de
prendre des décisions en souplesses de telle manière que les actions
entreprises ces prochaines années puissent s’insérer dans le nouveau modèle
politico-social.
J’ai toujours été partisan de réformes régulières afin d’adapter nos
structures aux transformations normales du monde qui nous entoure directement.
Il ne sert à rien de se crisper, de défiler, écharpe à la ceinture, de refuser
tout changement. La modification de la composition sociologique du Pays
Viganais comme la modernisation de l’État oblige à une refonte profonde de
« l’interface » Administration-Citoyen.
Ce n’est pas pour cela que je suis partisan des méthodes à la
hussarde de la part de l'État ! Mais si cela est ainsi, je tiens à
rester maître de mes choix. Pour cela il est nécessaire d’avoir une très bonne
connaissance du terrain et de son évolution afin d’anticiper les axes de
transformation afin de PROPOSER des solutions et non de les subir.
Même si je suis en désaccord avec la réforme de la carte judiciaire
proposée, une réforme de fond était nécessaire. Même si je suis sceptique sur
l’efficacité de la manière de créer le « pôle emploi », une
simplification était nécessaire. La nécessaire modernisation de la gestion des
impôts et de la Trésorerie entraîne inéluctablement une refonte complète des
services… Je pourrais rajouter qu’une mutation profonde de la Poste est
inéluctable, comme des services de la Préfecture…
Mais ce n’est pas pour cela que j’aime être mis devant le fait accompli,
surtout lorsqu’il n’y a aucune concertation avec les Élus. En parlant de
CONCERTATION, je ne parle pas de vagues réunions pour faire « passer la
pilule », ou d’arrangement avec quelques Politiques, mais de travailler
ensemble, démocratiquement, avec une connaissance du terrain et pour la
recherche de propositions acceptables par tous.
C’est justement le rôle principal que devrait jouer la Communauté de
Communes, dans son action structurant le territoire. Nous en sommes loin, et
les outils nécessaires n’existent pas.
C’est pour cela que je suis en désaccord lorsque l’État transmet des
compétences sans concertation et sans restructurer les financements. De même
lorsque, sous des couverts de bons sentiments, la Communauté des Communes
accepte de s’endetter, sans penser au futur, pour mettre les services régaliens
de l’État dans une « Maison des Services ». La chose est d’autant
plus étrange que le même État, par un courrier (envoyé à l’identique à tous nos
Politiques locaux – j’en ai reçu trois copies !) de Madame la Ministre de
l’Intérieur, ne cache pas que le Sous-Préfet en résidence au Vigan va
disparaître. Je sais bien que l’État a besoin de rester au Vigan. Je ne peux
que me féliciter du remarquable travail des services de la Préfecture, de la
Trésorerie et de la Perception. Certes, pour certains, La Présence du
Sous-Préfet est un honneur, mais il nous sera toujours loisir de le rencontrer
à Nîmes ou de l’inviter en vacances. Par conséquent une grande partie du
bâtiment de la Sous-Préfecture va se libérer. Il y a là matière à réinstaller
les Services de l’État. (À négocier cela avec le Département, propriétaire des
murs.) La Communauté des Communes du Pays Viganais n’a aucune vocation à
s’ériger investisseur dans l’immobilier de rapport. C’est là une activité
lucrative que notre société réserve aux entreprises et aux particuliers.
Extrait de la lettre ouverte au Sous Préfet du Vigan.